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“Le prendre soin est une activité à part entière du soin”

Du 1er au 9 octobre, BornSafety Mag donne la parole à celles et ceux qui oeuvrent en faveur des personnes âgées depuis le début de la crise sanitaire et le confinement.

En ce vendredi 9 octobre, journée mondiale du handicap, nous poursuivons cette série d’interviews avec Maélis Anselin, directrice des opérations et du développement d’Age d’Or Services. Elle nous explique quelles ont été les difficultés auxquelles Age d’Or a dû faire face durant la crise et celles qui restent encore à surmonter.

Quelles ont-été les priorités d’Age d’Or pendant cette crise de la Covid ?

Notre spécificité, c’est notre conviction. C’est que pouvoir bien vieillir, c’est vieillir au domicile. Donc, tout de suite, on a pris le pas et on a affirmé un positionnement stratégique qui était de pouvoir maintenir les activités dites essentielles, le maintien au domicile des personnes fragiles. Et donc, dans ce cas-là, de déprioriser certaines activités non-prioritaires : par exemple, le ménage, le jardinage.

Quels sont les principes fondamentaux du métier d’auxiliaire de vie ?

Dans notre activité, on a un sujet peut-être et un problème principal, c’est le manque de connaissance et le manque de reconnaissance de notre activité. On l’a vu dans cette crise-là, alors que les intervenants à domicile étaient totalement présents, impliqués et mobilisés dans cette crise-là, finalement à la fin on n’était pas prioritaire pour les masques, la prime on ne sait pas toujours comment elle va être versée… Et puis on est exclu du Ségur de la santé avec le sujet de l’augmentation des salaires. En revanche, pendant cette crise, on a parlé de notre métier et ça c’est super. On sait plus ce qu’est ce métier d’aide à domicile et en quoi c’est essentiel pour la société.

Cette crise, qu’a-t-elle mis en lumière ?

Le premier sujet, c’est vraiment que le prendre soin, qui est notre activité, est une activité à part entière du soin. Sans le prendre soin dans notre activité, le soin est compliqué pour le maintenir au domicile. Quand on vient chez vous, on fait une piqûre et si on s’arrête à la piqûre, eh bien ça ne vous permet pas de vous maintenir à domicile. C’est le lien social, cette justesse de la relation qui vous donne toute cette dignité. Ensuite, évidemment, nous notre sujet c’est une politique de l’autonomie, de la dépendance, qui soit homogène sur le territoire. Il faut un tarif qui soit unique, ça c’est notre sujet. Un tarif unique, juste, qui prenne en compte un prix de revient qui soit correct pour payer correctement les personnes. Ces éléments-là, pour nous, ce sont des éléments qui sont fondamentaux pour poursuivre notre rôle au domicile.